Catégorie : Solidarité et copinages

Texte de présentation (octobre 2016)

Depuis de nombreuses années la Méditerranée est devenue un véritable cimetière pour les migrant-e-s. En cause, la politique migratoire des États européens et de l’État français, avant tout sécuritaire : ils dépensent des sommes colossales pour empêcher les migrant-e-s d’arriver en militarisant les frontières, en contrôlant, « triant » dans des camps, en construisant des murs ou en expulsant vers une Turquie en pleine dérive autoritaire. Le choix du gouvernement français de n’accueillir qu’une poignée des populations qui fuient les guerres, le terrorisme, la misère constitue un véritable crime et vise en réalité à diviser les populations, à rendre les migrant-e-s invisibles tout en entretenant la peur de l’étranger.

Dans notre ville comme ailleurs, les moyens donnés par l’État et les collectivités locales sont nettement insuffisants, à commencer par le manque de logements, malgré les places supplémentaires des nouveaux CADA. De nombreuses personnes, des familles, des enfants, se retrouvent à la rue, isolé-e-s et sans moyens de subsistance. Rien, ou très peu, n’est prévu pour assurer l’interprétariat, les cours de français, l’accès aux soins et aux transports…
Toutes ces tâches reposent sur d’éventuel-le-s bénévoles.
Nous refusons la discrimination entre migrant-e-s économiques et réfugié-e-s politiques et nous luttons pour le droit de vivre et s’installer pour tou-te-s, là où chacun-e le souhaite. Notre collectif, créé en mai 2016, veut impulser avec les migrant-e-s un réseau de solidarité pour les aider à sortir de leur isolement social, favoriser l’échange, la rencontre et la découverte de notre société. Mais aussi les soutenir dans la bataille pour l’égalité des droits, l’obtention de meilleures conditions d’accueil, et dénoncer l’absence de politiques dignes des enjeux.

Point sur notre fonctionnement (novembre 2016)

Un collectif, c’est comme une auberge espagnole, on y trouve ce que l’on y apporte. Il n’a pas d’existence ni de capacités d’action en dehors des gens qui le composent, qui s’y impliquent, chacun-e selon ses capacités et ses disponibilités. C’est aussi un espace qui peut permettre de renforcer les initiatives des un-e-s et des autres, pour peu qu’elles soient mises au pot commun.
Nous avons fait le choix, et il y a eu débat, d’agir et sur le plan de la solidarité concrète et sur celui plus politique de la visibilisation de la situation des migrant-e-s et des causes qui mènent à cette situation. Car sans replacer la question des migrant-e-s dans l’espace public, il n’y a pas de perspectives autres que celles de coups de main qui pallient des manques comme on bouche un puits sans fond. Jusqu’à ce qu’on abandonne, épuisé-e.
Malgré les difficultés, nous restons persuadé-e-s que notre double positionnement est pertinent. Nous faisons aussi le constat que, même s’ils sont très insuffisants, les espaces de solidarité sur la ville existent, ce qui n’est pas le cas des espaces de visibilité de la situation des migrant-e-s. Et que sans construction commune, il n’y pas de perspectives de bâtir un rapport de force pour tenter de faire bouger les lignes, d’obtenir ce qu’une solidarité individuelle isolée ne peut pas atteindre.

Actus, Solidarité et copinages

8 NOVEMBRE : MOBILISATION GÉNÉRALE POUR LES 3+4 DE BRIANÇON

25 octobre 2018
Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo vont être jugé•e•s le 8 novembre 2018 au tribunal de Gap. Poursuivis pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national, en bande organisée », ils risquent jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende. Leur […]

Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo vont être jugé•e•s le 8 novembre 2018 au tribunal de Gap. Poursuivis pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national, en bande organisée », ils risquent jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende. Leur seul tort : avoir participé à une marche solidaire pour dénoncer les agissements de Génération identitaire qui bloquait la frontière au col de l’échelle pour s’en prendre à des personnes exilées.
Actuellement plusieurs initiatives de soutien sont en cours en amont du procès.
– Une pétition :
– Un appel aux dons : https://www.gofundme.com/liberte-pour-les-7-de-briancon
– Un site dédié pour avoir toutes les infos , et tous les outils et infos pratiques pour une mobilisation générale : https://www.relaxepourles3plus4.fr/
Le 7 novembre, soirée de soutien à Guillestre dans les Hautes-Alpes avec concert et prise de parole avec le soutien de Massilia Sound System, compagnie KTA et PassportQuartet. https://www.relaxepourles3plus4.fr/outils-pour-la-mobilisation/les-prochains-rendez-vous/
Jeudi 8 novembre à 8h30, jour du procès : rassemblement massif devant le tribunal de Gap. Mobilisons-nous !
Pour les marseillais et les aixois, départ collectif en bus.
Contact : mars3plus4debriancon@riseup.net / tel. 07 58 84 68 75
Informations : https://www.relaxepourles3plus4.fr/outils-pour-la-mobilisation/transport-pour-le-8-nov/

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Solidarité et copinages

le squat “le château”, reportage de France 3

Le squat «  le château » c’est cet endroit, situé juste derrière la gare Saint-Roch à Montpellier. Un ancien immeuble appartenant à la SNCF, et laissé à l’abandon depuis des années. Il y a neuf mois, Samuel Forest choisi de réquisitionner le bâtiment pour y loger des demandeurs d’asile sans solutions de logements.

Aujourd’hui, 80 personnes vivent dans ce squat. Exclusivement des hommes, car les familles sont logées en priorité et eux se retrouvent seuls à la rue.

A plusieurs reprises, ces hommes ont tenté d’appeler le 115, mais la réponse est toujours la même, il n’y a pas de place, et c’est pareil dans les centres de demandeurs d’asiles. Pourtant, d’après la loi, ces personnes ont le droit à un hébergement pendant l’instruction de leur dossier.

Pour les associations, ces lieux bien qu’illégaux sont alors légitimes.

De son côté, la SNCF, propriétaire des lieux met en avant l’insécurité du fait de la proximité de cataners électriques pour mettre ces gens dehors.
Un avis d’expulsion a été délivré par huissier aux occupants. Le dossier passe au tribunal administratif le 15 octobre prochain.

Le reportage de Caroline Agullo, Délphine Aldebert et Laurence Chraïbi :

 

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Grèce: 2 bénévoles en détention provisoire

Help is no crime: stand with volunteers against the criminalisation of solidarity.

2 bénévoles, Sarah Mardini et Sean Binder, ont été arrêtés en Grèce pour avoir aidé des réfugiés. Ils sont en détention provisoire. Leur arrestation illustre une inquiétante tendance à criminaliser la solidarité en Europe. Sarah et Sean ont besoin du soutien de toutes et tous. L’appel initié par ECI (European Citizens Initiative ECI campaign), relayé par PICUM, demande leur libération et l’arrêt de la criminalisation de la solidarité. Il est signé par une soixantaine d’organisations dont RESF.

A titre individuel, vous pouvez :

– signer la pétition :

– passer l’un de ces messages sur Facebook et twitter :

Facebook:

1) We stand with Sarah and Seán and call for the end of criminsalising help and assistance to migrants and refugeed. https://weareawelcomingeurope.eu/downloads_materials/ECI_joint_letter_FreeSarahandSean2.pdf #FreeSarahAndSean #WelcomingEurope #HelpIsNoCrime
(optional to add): You can take a stance against criminalisation and sign our #WelcomingEurope citizens’ initiative! https://weareawelcomingeurope.eu/

2) The arrest of the two volunteers Sarah and Seán in Greece is the latest case of a worrying trend: Stand up against the intimidation, arrest and punishment of volunteers who help migrants and refugees and sign the #WelcomingEurope citizens’ initiative! https://weareawelcomingeurope.eu

Twitter:

1) The arrest of Sarah and Seán #FreeSarahAndSean is only the latest case of criminalising help of #volunteers for helping #migrants & #refugees. Help end criminalisation and sign the #WelcomingEurope petition! https://weareawelcomingeurope.eu/

2) We stand with Sarah and Seán and call for the end of criminsalising help and assistance to migrants and refugeed. https://weareawelcomingeurope.eu/downloads_materials/ECI_joint_letter_FreeSarahandSean2.pdf #FreeSarahAndSean #WelcomingEurope #HelpIsNoCrime

https://collectifmigrant-e-sbienvenue34.org/wp-content/uploads/2018/09/ECI-joint-letter-FreeSarahandSean.pdf

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Solidarité et copinages

Assemblée locale de Caen : partage d’expérience solidarité et Hébergement

Ci-dessous un extrait d’un texte (rédigé pour la revue des cahiers de l’atelier) concernant des expériences intéressantes dans la région de Caen.

Il existe dans le Calvados des communes qui, en collaboration avec des citoyens, accueillent des migrants. L’État pourrait faciliter et soutenir davantage ces initiatives.
Par exemple, à Louvigny, en avril 2016, des habitants acceptent de mettre à disposition leur maison commune à une famille venant d’Irak puis une discussion est entamée avec la municipalité qui offre un local plus adapté pour cinq mois. Un collectif est créé qui comprend des citoyens et des membres de l’équipe municipale. Des commissions se mettent en place, en lien avec les organismes municipaux, pour répondre aux besoins de la famille hébergée : alimentation, école, transports, santé, centre de loisirs, etc. Une convention est ensuite signée avec Adoma et avec un bailleur social pour que deux logements soient mis à disposition de familles demandeurs d’asile dans le cadre d’un Cada (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) diffus.
En 2016, face à l’arrivée de migrants dans le Calvados, la maire de Trévières, village situé en milieu rural, et quelques citoyens se sont interrogés sur la manière de leur venir en aide ; dans le même temps, le curé de la paroisse et un groupe de chrétiens ont décidé de se mettre en mouvement pour trouver une solution à l’hébergement. Le presbytère, appartenant à la mairie et loué au diocèse, avait un étage complet de libre. Après discussions, il a été décidé d’aménager ce presbytère et de faire appel à l’association le « Temps d’un toit ». Le conseil municipal a donné son accord à l’unanimité et mis en route une réunion publique, avec l’association, qui a permis de désamorcer les craintes. Une famille géorgienne avec trois enfants – hébergée depuis deux ans dans un studio, à Caen – est arrivée en mars 2017. Une proposition de travail a été aussitôt offerte au père, dans une ferme de poulets. Les enfants scolarisés se sont vite intégrés. Le projet se poursuit…
(…)

Il faut également, comme la loi le prévoit, loger les demandeurs d’asile en prenant en compte les besoins et les choix des personnes. Les initiatives citoyennes d’hébergement pourraient également être soutenues et reconnues. Par exemple, l’association Le temps d’un toit, créé en novembre 2013, loge des personnes migrantes dans des logements loués par l’association pour une durée de six mois renouvelable une fois. Le Rase (Réseau d’accueil solidaire des exilés) met en relation des personnes hébergeantes et des personnes migrantes quel que soit leur statut. L’idée est créer un réseau d’accueil dans les familles pour des périodes de deux semaines, avec possibilité de passage d’une famille à l’autre.

(…)

On cite très souvent, mais toujours en la tronquant, la célèbre phrase de Michel Rocard, prétendant que l’on ne peut « accueillir toute la misère du monde ». Ce pseudo argument massue résiste-t-il à l’examen des faits ?
Pour changer le regard sur la migration, il est important de s’appuyer sur des chiffres et sur des analyses précises et documentées. Il faut donc permettre et multiplier les interventions en milieu scolaire qui associent témoignages, rencontres et apports scientifiques.
Il faut également favoriser la rencontre directe avec les personnes migrantes. Par exemple, c’est lors de l’ouverture d’un CAO (centre d’accueil et d’orientation) à Bretteville-sur-Laize qu’un collectif, l’ACDA (Accueil cingalais demandeurs d’asile), s’est créé. De la même façon à Ouistreham, le Camo est issu de la rencontre entre des habitants et des jeunes migrants.
Enfin, la culture peut être utilisée comme un support de lien et de découverte (photos, théâtre, cinéma).L’école nomade est un collectif créé en juillet 2017 par des enseignants en école primaire ayant remarqué que dans leur classe, certains enfants présentaient des carences (fatigue, manque d’hygiène, etc.) parce qu’ils dormaient à la gare. Ces enseignants ont pris contact avec l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions pour donner des cours de français et des mathématiques aux enfants vivants dans les squats. Ils proposent du soutien scolaire deux fois par semaine auprès d’une dizaine d’enfants (Mongols, Bangladais, Géorgiens et Albanais), un atelier d’éducation à l’image (photographie, vidéo), des sorties pédagogiques pour les enfants et leur famille à Caen et alentours (Artothèque, découverte de la ferme, de la boulangerie, expo des photos des enfants, etc.) et des activités culturelles dans les squats (concerts, théâtre, etc.) pour les familles qui vivent dans les squats.

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Solidarité et copinages

Ali Sidibé, inCRAcéré à Sète

Aly Sidibé
Par Juliette pour [ExCRAdition Générale !]

Aly Sidibé aura bientôt dix-sept ans, le 10 juillet prochain. Arrivé en France en mars 2017, il est ce qu’on appelle ici un « mineur non-accompagné ». Il est inCRAcéré depuis le 18 mai 2018 à Sète. Du statut de mineur isolé scolarisé, il a dégringolé à celui de « présumé majeur », condamné, enfermé et expulsable.

Après avoir été contrôlé et arrêté à Montpellier le 19 mars 2018, il a été mis trois jours en garde à vue, a subi des tests osseux et dentaires qui ont permis de contester sa minorité (« entre 16 et 18 ans »), a été jugé en comparution immédiate, condamné pour falsification de documents et incarcéré à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, où il est resté « deux mois et une semaine », précise-t- il, avant d’être transféré au CRA de Sète en vue d’une expulsion.

L’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) à été prononcée durant sa garde à vue, avant même qu’il ne soit jugé et condamné. Un recours a été déposé au Tribunal administratif par Forum réfugiés – l’association qui travaille au Centre de Rétention Administrative de Sète. Mais appels et recours ne suspendent pas l’OQTF. En d’autres termes, il reste expulsable à tout moment, l’objectif étant de l’expulser AVANT sa convocation par le Juge des Libertés et de la Détention, le 17 juin, qui a tout pouvoir pour prolonger son maintien au CRA ou… pour le libérer !

La preuve, Aly nous apprend que, la veille de notre visite, les agents de la Police Aux Frontières sont venus le surprendre à six heures du matin. Il a refusé d’être emmené et embarqué dans un avion pour la Côte d’Ivoire. Selon la loi, les futurs expulsés doivent être avertis de la date de leur « éloignement », ce qui n’a pas été le cas pour Aly. En refusant d’embarquer, Aly s’expose à commettre un délit qualifié d’ «obstruction à la mesure d’éloignement », à être jugé en comparution immédiate, à subir une peine de prison ferme et d’interdiction judiciaire de territoire. On peut alors demander un « report », le temps de préparer le contrôle judiciaire, mais une fois encore, le report n’est pas une mesure suspensive de l’OQTF. Ou alors, plus prosaïquement, on les embarque de force au bout de deux ou trois refus.

Le deuxième avion est déjà en vue…

Aly n’est pas un « sans papiers ». Il est en possession d’un extrait d’acte de naissance prouvant sa minorité. Mais l’administration française ne reconnaît pas forcément les documents administratifs émanant de ses anciennes colonies, écrits à la main ou non authentifiés.
Nous sommes en attente de l’envoi, par la famille d’Aly, de son extrait d’acte de naissance, qu’il faudra encore faire authentifier par le consulat. C’est une course contre la montre, car les procédures d’expulsion accélérées permettent d’exécuter les injustices avant même que ne puissent être établis la bonne foi et le droit des étrangers.

Aly est parti de Côte d’Ivoire avec quelqu’un de son quartier, plus âgé, de confiance. Ils ont fait la route ensemble. Après la mort de son père, sa mère étant gravement malade, la situation familiale est devenue beaucoup trop compliquée… Il a été scolarisé (en français) jusqu’en CM2 et a décidé de venir en France pour pouvoir continuer ses études, souhaitant devenir électricien. Passés par le Mali, l’Algérie, la Libye, ils ont pris un bateau pour l’Italie. Son compagnon de route est resté en Italie. Aly y est resté de juin 2016 à mars 2017, dans un hôtel pour réfugiés. Mais ne voyant pas de possibilités de poursuivre ses études en Italie, ne parlant pas la langue et ne bénéficiant que d’un cours hebdomadaire d’italien, il a continué vers la France.

Arrivé en France en mars 2017, il a été confié à l’Aide Sociale à l’Enfance. D’abord hébergé dans un hôtel pendant cinq jours, il a passé une évaluation, fait quatre mois de stage en électricité, puis a été scolarisé le 13 novembre 2017 au lycée Jean-Jacques Rousseau, à Montpellier, en première année de CAP paysagiste. Il était alors accompagné par l’association Un Toit Où Apprendre, dépendant du réseau de l’association RAIH, et était hébergé dans un appartement, avec deux autres jeunes et une éducatrice qui assurait un suivi. Il avait également trouvé un maître de stage paysagiste et signé une convention de formation en entreprise. Tout semblait en bonne voie pour cet adolescent dont les enseignants vantaient unanimement le sérieux et la motivation : « intéressé et motivé » ; « élève impliqué » ; « volontaire » ; « attitude positive » ; « bonne intégration et implication ». Les documents attestant de sa réussite scolaire ont été transmis au juge…

Il n’a pas de soutien, en dehors de Forum réfugiés, plus d’argent, plus de chargeur pour son téléphone, plus de carte SIM, plus aucun contact avec personne. Il nous donne le nom de deux de ses professeurs. Je parviens à joindre une personne de son établissement, qui me chargera de lui transmettre des messages de soutien de la part de ses professeurs et de ses potes : « On ne t’a pas oublié, on pense fort à toi, tout le temps. On ne savait pas comment te joindre, comment venir te voir ?»

Aly ne comprend pas ce qui se passe, disant qu’il est innocent, que si ses papiers ne suffisent pas, il peut en fournir d’autres, qu’il n’y a pas besoin de le mettre en prison pour cela. Il fait dix pompes au réveil, cinq au coucher. Et il prie pour qu’on le libère.

« On s’est sacrifié pour venir en France et on nous accueille avec de la prison ! Ce n’est pas bien ! Je suis innocent. Je veux être libéré. » Il nous dit qu’ils sont trois jeunes comme lui au centre de rétention, et qu’il y a aussi trois personnes qui font la grève de la faim. Que l’ambiance n’est pas facile au CRA, et que pour ceux qui font le ramadan, la nourriture servie le soir consiste en un mélange de conserves, qu’ils avalent faute de mieux. Il dit qu’il envisage lui aussi se mettre en grève de la faim pour protester contre son expulsion.

* Le 14 juin 2018, trois jours avant son rendez-vous avec le Juge des Libertés et de la Détention, alors qu’il allait être en mesure de prouver sa minorité, Aly a été pris de force à six heures du matin.
Direction : l’aéroport. Affaire Classée. « Ils étaient dix contre un !
Ils ne m’ont pas laissé le choix. Ils m’ont soulevé, menotté, embarqué.» Machine à broyer et à expulser, les CRA. « Ils m’ont eu ! Après tout ce travail, tous ces efforts… J’ai fait des stages gratuits et on m’attache comme un cheval ! Je suis traumatisé, ça peut me rendre fou, à chaque fois que j’y pense, je pleure. Ils ont gelé la loi ! La seule loi, c’est le racisme ! » Il réalise l’esbroufe. Il réalise le mensonge, l’injustice, la brutalité. Je lui dis que sa colère est juste. Je lui dis que ce n’est pas lui, l’animal.

Juliette pour [ExCRAdition Générale !]

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Actus, Solidarité et copinages

2e Rassemblement « Stop à l’enfermement des jeunes migrants mineurs ou majeurs ! » : mercredi à 13h devant le TGI

Ce lundi 16 avril plus de 200 personnes se sont rassemblées pour soutenir 2 jeunes migrants isolés, Falikou et Sidibé. En détention depuis déjà 3 semaines, date de leur arrestation, ils ont comparu devant le TGI … leur crime : être soupçonnés d’avoir menti sur leur âge en se faisant passer pour des mineurs.
Des membres de RESF, du collectif Bienvenue Migrants 34, des syndicalistes, des professeurs, ami-e-s, des étudiant-e-s venu-e-s soutenir les 2 arrêtés de la manifestation « convergence des luttes qui comparaissaient également au TGI, et surtout beaucoup d’autres jeunes migrants sont venu-e-s les soutenir. Toutes et tous ont clamé et scandé que leur place était à l’école et non en prison. De la solidarité et de la rage se sont exprimées face à l’absurde de cette situation.
Pour Falikou, le tribunal a confirmé la nullité du test osseux. Il a cependant été condamné à un mois de prison ferme, pour présentation de faux documents. Falikou doit sortir dans la semaine de prison du fait qu’il est incarcéré depuis 3 semaines. Son OQTF (obligation à quitter le territoire français) va être contesté.Comme il est mineur il ne passera pas par le centre de rétention. Mais sa condamnation à un mois de prison risque d’entraver sa régularisation et il faudra donc continuer à le soutenir.
Sidibé,scolarisé à Montpellier en CAP paysagisme, avait reconnu être majeur et avoir usé d’un faux. Il a malheureusement été condamné à une peine de 3 mois de prison ferme. La solidarité s’organise pour l’aider à traverser cette épreuve.
Continuons dès mercredi à nous mobiliser pour ne plus laisser le tribunal de Montpellier, le département et la préfecture traiter ces jeunes comme des criminels.
Restons solidaires pour que ces jeunes restent à l’école et non en prison.
Aucun être humain n’est illégal !

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Actus, Solidarité et copinages

COLLECTIF POUR UNE NATION REFUGE

Nous sommes aujourd’hui plus de 64 collectifs et associations à travers toute la France à nous rassembler autour du MANIFESTE RESPECTS et de l’accueil des personnes exilées!

Ensemble nous continuerons à prouver que l’accueil est possible, désiré et même souhaitable ! Nous comptabilisons aujourd’hui PLUS DE 270 000 VUES du film sur
notre chaîne youtube, et de très très nombreux partages, et diffusions sur d’autres canaux! 5 télés, 34 articles de presse. Près de 1500 adhérents et 3 311 abonnés Facebook!

Mais le plus intéressant reste à venir !

CONTINUONS !!

Avec votre participation si vous le souhaitez ! 64 collectifs et associations sont en copie de ce mail. Nous invitions tous ceux qui le souhaitent à rejoindre le comité de pilotage, et à
répondre à tous via ce mail afin d’être intégrés dans la boucle!
Cela permettra également une meilleure identification de tous les collectifs présents et prêts à se mobiliser !

MOBILISATION LES 16 et 18 DÉCEMBRE

POUR UNE POLITIQUE D’ACCUEIL INCONDITIONNELLE ET LE RESPECT DES DROITS HUMAINS !

MAL LOGEMENT – MISE EN DANGER DES MINEURS – VIOLENCES POLICIÈRES –  RÉGLÈMENT DUBLIN – PRADHA – EXPULSIONS STOP ! RESPECT ET ÉGALITÉ DES DROITS DES PERSONNES EXILÉES ! LIBERTÉ DE CIRCULATION – LIBERTÉ D’INSTALLATION – RÉGULARISATION DES PERSONNES SANS-PAPIERS

MANIFESTATION SAMEDI 16 DÉCEMBRE 2017 – JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANT·E·S

NOUS EXIGEONS :

– LA SORTIE IMMÉDIATE DES ACCORDS DE DUBLIN, LA LIBERTÉ DE  DEMANDER L’ASILE DANS LE PAYS DE SON CHOIX

– L’ARRÊT IMMÉDIAT DES EXPULSIONS ET DÉPORTATIONS, L’ARRÊT DES VIOLENCES POLICIÈRES

– L’ABANDON DU NOUVEAU PROJET DE LOI SUR L’IMMIGRATION DU GOUVERNEMENT MACRON

– LA RÉGULARISATION DES SANS-PAPIERS, LA LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION (ARTICLE 13 DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS HUMAINS)

– LA MISE À L’ABRI DÉCENTE, LA PROTECTION ET LA SCOLARISATION DE TOUS LES MINEURS EN FAMILLE OU SANS FAMILLES

ARRÊTEZ LES MENSONGES !

AU NOM DE LA LUTTE ANTI-TERRORISME, L’ÉTAT STIGMATISE, CRIMINALISE ET MALTRAITE LES PERSONNES EXILÉES SUR SON TERRITOIRE ET EN DEHORS. IL ORGANISE SA POLITIQUE D’IMMIGRATION SUR LA DISTINCTION ABSURDE ET INJUSTE ENTRE MIGRATION « POLITIQUE » ET « ÉCONOMIQUE ». IL JUSTIFIE AINSI UNE POLITIQUE « D’EXTERNALISATION » PIÉGEANT DES PERSONNES HUMAINES DANS DES CAMPS SORDIDES AUX PORTES DE L’EUROPE, OU LES RENVOYANT DANS LEURS PAYS D’ORIGINE OÙ ELLES SONT MENACÉES DE MORT (AFGHANISTAN, ERYTHRÉE, SOUDAN) !
L’OFPRA, institution accordant ou refusant à la roulette le statut de réfugié, se vante d’augmenter son taux d’accord… c’est FAUX !
Les promesses de Macron pour « il n’y ai plus personne dans les rues d’ici la fin de l’année… » tiennent à des EMPRISONNEMENT ET EXPULSIONS MASSIVES !
Aujourd’hui l’État français, appliquant la politique européenne, projette de  DÉCONSTRUIRE LE DROIT D’ASILE. En France, l’accueil des personnes exilées se résume à la rue, aux violences policières, au tri aléatoire des demandes d’asile et aux renvois vers les pays d’origine ! Elle se rapproche de plus en plus au projet politique xénophobe de l’extrême droite !

RUE ET VIOLENCES POLICIÈRES
Attaques nocturnes, gazages, provocations, invectives racistes, coups, vol du peu de biens que les personnes possèdent… Voici les comportements quotidiens de la police à l’encontre des personnes exilées en France et en Europe ! Or, l’insuffisance du dispositif
d’accueil maintenu par les États oblige l’existence des campements de rue dégradés: SIGNE LE PLUS VISIBLE DE LA POLITIQUE DE NON-ACCUEIL !
À la rue, les personnes exilées sont vulnérables ! La police suit les ordres : pas d’installation ! Et harcèlement permanent de celles et ceux qui n’ont nulle part où se poser !

TRI DES PERSONNES : DUBLIN OU PAS DUBLIN ?
L’application du règlement européen Dublin 3 permet des renvois massifs : toutes les personnes passées par un autre pays européen avant d’arriver en France sont susceptibles d’être renvoyées de force dans ce pays, alors que la plupart y ont été enfermées et/ou victimes de violences policières. Ces pays renvoient alors vers les
pays d’origine, la France sous-traite ainsi le sale boulot. Or, la France n’est PAS OBLIGÉE d’appliquer le règlement Dublin !

DE LA LYBIE À PARIS, NE LAISSONS PAS MACRON FAIRE LE TRI !

R·E·S·P·E·C·T·S !
RÉFUGIÉ·E·S EXILÉ·E·S SANS PAPIERS ÉTRANGER·E·S CITOYEN·NE·S
TOUS.TES SOLIDAIRES !
CONTACT@COLLECTIF-POUR-UNE-NATION-REFUGE.ORG

HTTPS://WWW.FACEBOOK.COM/COLLECTIF.POUR.UNE.NATION.REFUGE

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Solidarité et copinages

A l’université Lyon 2, on héberge des migrants dans un amphi

Depuis mercredi dernier, sur le campus de Bron de l’université Lyon 2, des étudiants organisent l’occupation d’un amphithéâtre pour mettre à l’abri une quarantaine de migrants mineurs et majeurs, pour la plupart d’origine subsaharienne. Ensemble, ils réclament des solutions d’hébergement pérennes. La direction de l’université accepte cette occupation.

Par Thomas Sévignon publié le 21/11/2017 à 16h09

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